J'étais bien loin de me douter que je terminerai cette saloperie d'année par une forme d'apogée livresque, toute flagornerie mise à part. Car c'est une splendide lecture qu'il m'a été donnée de rencontrer en ces dernières heures de l'année encore en cours! Tous les éléments constitutifs d'un fabuleux polar/thriller y sont savamment dosés, l'intrigue tissée au cordeau, des personnages campés d'un trait admirable de fusain, un rythme qui ne se dément jamais de la première à la dernière page, un style vif, acéré, tranchant comme ce scalpel, cet outil de la folie, une lecture addictive dont, telle la tunique de Nessus et certains masques démentiels, il est quasiment impossible de se séparer. C'est une bande a priori disparate, mais dont les liens a priori indéfectibles d'amitié ne sauraient se dissoudre mais lors du triste anniversaire du suicide de Mélanie, un grain de sable vient enrayer ce fragile engrenage : Zoé, la fille de Lucas ou de Stan, va savoir, ne répond plus à l'appel, elle qui, même ado, ne saurait manquer ce genre de rendez-vous. Dès lors, l'opus ne va faire que monter en puissance, avec ces réseaux dits sociaux sur le "Dark", ces "Games" troubles, opaques et malsains, vous allez évoluer dans l'univers de l'art contemporain et puis cette inaltérable atmosphère musicale où l'on ressent indéniablement que l'auteur est un maître du genre. Magnifique ouvrage que celui-là, incroyablement haletant, stressant, où le destin de Zoé nous paraît se retrouver entre nos propres mains. Extraits :" Plus on est riche, plus on est difficile à attraper..."  "Le monde appartient à ceux qui maîtrisent l'insisible, le virtuel, les brèches du tout technologique, une richesse hors-sol se créant par une suite de zéros et de un."  "La mort est la seule chose sûre dans la vie."   Vifs remerciements aux éditions Calmann-Lévy et à l'auteur.

Ajouter un commentaire

 
×