C'est chaud bouillant ! Un huis clos d'une exceptionnelle et rare intensité constitue la trame de ce roman noir de haute qualité. Deux personnages centraux hantent au fil de pages tragiques cet opus , un fils, Paul, complètement traumatisé, tourneboulé, névrosé, par une vie ratée dont il estime que deux femmes, son ancienne nounou mais surtout sa mère biologique, une ancienne actrice au parcours sulfureux, Deborah, sont les responsables et coupables de sa solitude et de son abandon. Une maison isolée en pleine Montagne Noire, la neige qui vient augmenter ce sentiment d'étouffement , une lutte à couteau tiré, un duel à fleurets mouchetés entre deux personnages qui se dévoilent peu à peu, qui extirpent leurs douleurs, leurs profondes souffrances, eux qui ont toujours vécu ou si peu, dans le paraître. Là, nous atteignons le tréfonds de la psyché et nous nous retrouvons, nous lecteurs, devant un scénario nécessairement transposable sur écran, c'est une évidence. J' ai vécu dans ce chalet avec Deborah, Paul, et en seconde ligne , Di Maggio, Fragoni mais je suis encore sous le coup des émotions ressenties. C'est très fort, très puissant, je ne peux vous en dire davantage et avec une écriture de très grande valeur. Extraits :" Voyous, politicards, brasseurs d'affaires le savaient bien, on endossait si ausément l'habit de l'honnête homme ! L'être, recru de lâcheté, avait irrémédiablement capitulé. Ne restait plus que le paraître, clinquant et dérisoire, qui pavoisait sur l'avant-scène."  "Désir brutal, libidineux et presque sale dont l'assouvissement se traduisait toujours par un sentiment de défaite. Worse possédait l'aplomb charnel de ces femelles de chaque qui portent sur leur visage comme l'effigie glorieuse de leur destin, l'attrait de sombres turpitudes, elle ne possédait pas seulement un corps, mais l'âme en rut." Vifs remerciements aux éditions Cairn et à Yoanna Michler, chargée de com.

Ajouter un commentaire

 
×