Cette chronique ne sera pas comme les autres pour plusieurs raisons car elle sera d'abord truffée d'extraits eu égard à la grande qualité du texte, eu égard aussi à la thématique tout à fait originale, et eu égard à son indéniable originalité , sans parler de la construction , qui est un miracle d'équilibre! Le personnage central, c'est Blanche , gravement handicapée moteur suite à un accident auto durant son adolescence. Durant sa rééducation, elle va rencontrer Hildegarde, affublée d'une maladie orpheline et qui va devenir son soutien indéfectible! Elles retravailleront néanmoins , dans des postes qualifiés pudiquement de réservés mais qui revêtiront à terme une importance primordiale! Blanche, a priori d'origine bretonne, îlienne, a toujours été intrigué par son "blaze" De Rigny, qui n'a rien d'Armoricain que je sache! Elle va dès lors se lancer dans de folles recherches généalogiques qui vont lui faire soulever l'invraisemblable pan historique et affreusement honteux du "remplacement", car, en 1870 , avec de l'argent , les conscrits étant tirés au sort, en cas de mauvaise pioche, leurs riches familles pouvaient acheter un pauvre hère remplaçant pour aller se faire "trouer la paillasse" à la place du fils de famille! L'auteur nous narre également certains passages de la Commune, tristement célèbre par ses exactions, n'est-ce pas les Versaillais? Avec audace, elle dresse aussi un parallèle avec notre époque si ruisselante de clinquant et de fric! Extraits: "S'il était toléré d'être pauvre, c'était à condition d'être bien tenu et de ne pas offenser le monde auquel on se mélange avec sa misère". "Des millions de gens meurent chaque année de maladies respiratoires à cause du dioxyde de soufre, mais tout le monde s'en fout et les courtiers comme de Rigny arrosent les gouvernements pour que les normes, ou plutôt l'absence de normes reste en l'état." "Une fois leur fortune lancée au XIX siécle, la dynamique capitaliste a fait boule de neige. Plus la taille de leur patrimoine était importante, plus ils amassaient d'argent lorsqu'ils le faisaient rouler sur les marchés financiers." "Un ouvrier qui sait lire contamine les autres, des déclassés, des aigris vindicatifs, des gens dangereux, voilà ce que ça donne d'éduquer la populace. Thiers l'a bien dit : un peuple instruit est un peuple ingouvernable." "Ne vous excusez pas, ce sont les pauvres qui s'excusent. Quand on est riche, on est désagréable."  "Le peuple accepte tous les tyrans pourvu qu'on lui laisse le museau dans la gamelle. Chasue fois qu'on l'a lui retire, il gueule et descend dans les rues manifester alors que les ressources se raréfient, qu'il n'y a plus d'animaux, que les saisons se déglinguent et que la mer est pleine de plastique."  Un immense merci à l'auteure, à son talent, à son audace , et dîtes-le autour de vous, "La Daronne est de retour, et au premier plan !!  

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