" La cie serait intolérable sans le mensonge. Notre système économique est construit là-dessus. La plipart des relations humaines également. Tout est fiction, tout est virtuel. L'argent, le cours de la monnair, la bourse, les sentiments aussi, la religion, le plus gros mensonge qui soit". "On suit le cours des fantastiques années 80, Thatcher, Reagan, ce second souffle de l'ultralibéralisme lève définitivement le voile sur nos démocraties, l'idéal politique entamé par l'idéal économique et financier.La "Fin de l'Histoire", c'est chacun pour soi et le dollar pour tous." "Avec le temps, on s'aperçoit qu'il est plus difficile de tenir l'idéal de gauche que celui de droite. Le corps d'affaiblit, on se fatigue, on a besoin de confort.La peur s'installe.Sans doute que la gauche s'accommode mieux de la jeunesse et de l'indignation, quand on n'a rien d'autre que soi-même, qu'on n'a rien à perdre."  "Les femmes ne sont plus que de la chair, de la convoitise, de la simple marchandise. Il suffit de s'emparer de la chair, de la tordre, de la déchirer, de la menacer, de la terroriser, et la chair obéit, devient molle et docile, devient succube, esclave." "Les années 1990 préfigurent un système sur le point de perdre tout contrôle, où l'informatique s'apprête à récolutionner la planète, où les algorithmes emballent la combinatoire des transactions boursières. Plus personne ne sait vraiment ce qu'est devenu l'argent, un moyen, un but, un prétexte, une dématérialisation de nos existences."  Une fous n'est pas coutume, j'ai entamé cette chronique par des extraits que j'ai estimés marquants de cet ouvrage qui ne ressemble à rien de ce que j'ai lu jusqu'alors ( et pourtant, Dieu sait que j'en ai lu!). L'auteur réussit la formidable performance de parvenir , à travers quelques personnages symptomatiques de cette envolée du pouvoir de l'argent trouble et méphitique, à nous raconter de façon sublime les dauses de notre désastreuse situation actuelle! C'est une fresque , une saga , dans une langue très subtile, qui nous narre les parcours effrénés d'ambition et de cupidité de Svetlana, carrièriste bancaire aux dents très aiguisées, d'Aldo, ephèbe pièce rapportée dont le seul capital est sa beauté de bellâtre,  et sous les ors dorés, l'atmosphère empuantie d'argent sale de la nomenklature bancaire suisse représentée par les personnes venimeuses de Horst, Julia et Christophe! Là où tout l'art du blanchiment, toute honte bue, nous est conté, sans frontière, amoral , qu'il soit d'origine russe ou corse! C'est un très grand roman noir qu'il est à mon sens impératif de lire, où vous risquez d'apprendre pourquoi, vous comme moi, seront toujours , comme le dit Aldo au détour d'une page "des petits".  Un immense merci à la maison d'édition Finitude!  

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