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Autant cous le préciser tout de suite , nous voilà en présence d'un post-apocalyptique exceptionnel ! Personne ne pourra dire que Corentin a été marqué du sceau de la chance mais bien d'un déterminisme terrible , terrifiant ! Non désiré par sa mère, abandonné par elle , laissé dans ses premières années entre les mains d'Augustine son arrière grand-mère , dont il finira par adopter le comportement distant, largué au milieu de forêts peu amènes, isolé dans un contexte hostile, il parviendra néanmoins à entamer des études! Mais ce n'est pas l'essentiel, loin de là car, quand parti avec des copains étudiants explorer des catacombes, ils perçoivent soudain un immense grondement à la surface qui ne ressemblent à rien de connu et qu'ils prennent conscience qu'absolument tout est cramé , que toute vie a disparu de la ville, ils sont tétanisés mais retrouvent rapidement chacun leur égoisme naturel et abandonnent Corentin à son sort! Alors , il va marcher, et marcher encore à travers une nature dévastée, dépouillée de toute présence humaine , végétale , animale, avec un ciel de cendres s'étendant telle une chape de plomb, immense et désolée! Un style âpre, sec, au couteau, comme une palette grise et morne, un ryhme à la fois hâchée et monocorde, des personnages rares mais particulièrement empathiques, et cependant à aucun moment, sur aucune page, vous n'effleurez l'ennui mais vous vous dîtes simplement : et si ça arrivait, car c'est de toute évidence le message limpide que nous délivre l'auteur à travers ce conte mais qui n'en est pas un un, qui est un sérieux avertissement , un cri d'alarme jeté à la face du monde, un manifeste contre la criante bêtise humaine, contre cet Homme imbécilement rapace qui ne connaît que la violence et jamais le partage pour évoluer sur cette planète dont nous ne sommes tous que locataires et non pas propriétaires cupides ! Mais comment faut-il donc faire que nous comprenions tous cette simple vérité ?  Extrait :" Dès qu'il y avait eu des hommes, les vivants qui les entouraient avaient commencé à s'éteindre. Dès la préhistoire. Trop de chasse.Trop de sang.Les hommes étaient intrinsèquement des meurtriers. Ils puaient la mort.Aussi stupides que les cellules cancéreuses détruisant les corps qui les abritent, jusqu'à claquer avec eux. Tuer et être tué. Insensés."  Un immense merci à Sandrine Collette et son grand talent pour ce splendide opus , si noir et si tragiquement vrai !

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