Gabriel Sacco , un homme de main larbin et soumis au caid local Garbo ( l'auteur est audacieux que de nommer ses deux principaux personnages de sommités à la fois historiques et cinématographiques mais cette audace passe comme une lettre à la poste!) , se réveille de sa léthargie routinière de tueur taillable et corvéable à merci, quand il découvre inopinément que non seulement Alex Vitali, un fils de bonne famille tendance fin de race a disparu, mais surtout que sa fille unique Manon était la petite amie de ce dernier et pleure toutes les larmes de son corps devant le petit écran! Une fille qu'il n'a pas revue depuis trois ans, ne serait-ce pas là l'occasion unique de renouer les liens qu'il ressent désormais comme indispensables? Va s'ensuivre dès lors pour Gaby une longue descente aux enfers. Mais au total, et s'il était manipulé, écartelé qu'il se retrouve entre un tardif amour filial et un "travail" de plus en plus chamboulé par son enquête personnelle et la pression croissante de son truand de patron? Deux aspects que j'ai particulièrement apprécié dans cet opus, le style, fait de phrases courtes et sèches commes des "rafales" de mitraillettes, et l'exploit de réussir à faire pénétrer le lecteur au coeur même du cortex du principal acteur , à l'aide d'un mode narratif unique! Sans compter sur la drôlerie grinçante de certains passages. Extrait : "Pour toi, c'est un fouille-merde sans scrupules. Du genre à vendre sa mère impotente pour un scoop, et qui te la livre en prime. Parasite intégral. Acarien se nourrissant des peaux mortes d'une société malade."   "Tout comme toi, dans son monde à elle, miroir aux alouettes_l'édition, toi qui n'a lu aucun livre_ certes clinquant et lumineux, mais où les sourires cachent des pièges......Où il faut se méfier, lorsqu'on vous prend une main, de certaines griffes rétractables."   "Mais parfois, la liberté est nécessaire. Elle s'impose à tous sans qu'on la sente venir, ni même qu'on l'ait souhaiée. Elle débarque, pose ses pieds sur la tableet nous demande des comptes.Elle a une tête de truand. Elle manque de manières. Mais parfois, elle constitue la seule façon valable de s'arracher à l'angoisse. L'unique échappatoire. Dans ce cas, il faut aller jusqu'au bout. Boire la coupe de la liberté jusqu'à la lie. En espèrant que notre estomac le supporte, que l'on n'étouffera pas. Agir. Serrer les dents et prier."  Oui vraiment, un sacré style et une sacrée performance que de parvenir à nous faire partager les affres et tourments de notre "héros" qui n'a pas que des poings en lieu et place de sa cervelle, mais aussi un affect très troublant et profond! Un grand merci à Jean-Charles Lajouanie et Caroline Lainé.

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