Dans l'apparente quiétude et torpeur des Bois Noirs du Haut-Forez, se dissimulent bien des turpitudes et des horreurs, et ce n'est certes pas le policier Walid Louatah, stéphanois d'adoption et algéro/kabyle d'origine qui objectera le contraire. Car dans la campagne profonde et obscure de la Loire, surgissent d'étranges énigmes, tel ce petit Ganymède, enfant noir venu soit-disant de Guinée pour atterrir chez un couple improbable et désaccordé, les Roche. Alors quand le petit disparaît, Walid va mener l'enquête et se colleter à la rudesse, au racisme primaire et refus de la différence d'une population autochtone plus proche du péquenot que de l'humanité ouverte. Extrait:" On devrait faire l'éloge de la différence au lieu de vouloir tout normaliser, standardiser, nous sommes des êtres humains, pas des marchandises à calibrer, ces gosses, on dirait des tomates à mettre sur le marché." Dans un style remarquable, cette nouvelle auteure émergeant dans l'univers du polar n'a, à mon sens, pas fini de nous surprendre avec bonheur. A coup de chapitres très courts, elle impulse un rythme intrépide à cette jolie histoire effleurant parfois le poétique , avec un art consommé de la litote. Oui, Ganymède restera dans nos coeurs de lecteurs passionnés et vibrants et grand bravo à Maria P.Mischitelli !  Très vifs remerciements aux éditions du Caiman, à Jean-Louis Nogaro.

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