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Un polar pur jus, pur sucre, qui défouraille à chaque page sur un rythme infernal, tel se présente cet opus qui ne pouvait que convenir à mes attentes les plus impatientes! Traversé par une galerie de personnages tous plus puissants les uns que que les autres, que ce soit dans le mal ou le bien, parfois dans cette zone intermédiaire grisâtre où la corruption le dispute à la cupidité, comme Léonard, Milo, Salomé, Viking, Kamel, Pacha, Lucie, Jeanne, qui imprègnent de leurs fortes personnalités cette histoire impressionnante, j'ai adoré cet ouvrage dans toutes composantes. Le rythme, météorique, le style , foisonnant, l'intrigue idéalement construite où l'on devine incontestablement la patte du scénariste, et ces chapitres basés sur chaque participant de ce canevas à fleuret moucheté. Un extrait qui a participé à mon plaisir :" Chaque édition possède sa propre fragrance et si on la soumettait à un blind-test, Salomé serait capable de les identifier toutes, sans faillir. Sauf que ce ne sont pas des piles de livres qui occupent les étals de la librairie..........mais les auteurs, vivants ou morts, de son panthéon personnel. Ils sont installés, derrière un ordinateur, devant une machine à écrire, ou la plume à la main, palabrant librement dans un joyeux brouhaha romanesque. Jim Harrison vante les vertus d'un vieux cornas à un John Fante peu convaincu, tandis que Charles Bukowski gerbe sans vergogne dans une poubelle sous l'oeil sévère de Joyce Carol Oates. Plus loin, Pierre Lemaître tente de convaincre Christine Ango de l'apport fondamental du polar dans la littérature contemporaine, et James Ellroy se met à hurler, excédé par le rire tabagique de Marguerite Duras. Dans le fond de la librairie, l'immense Jean Vautrin interviewe le vieil Hugo à propos de la Commune de Paris tandis que Philippe Roth lance sa kipa, façon frisbee, à un Louis-Ferdinand Céline verdâtre qui l'évite d'un geste révulsé." Rien que pour ce passage, un immense merci mais pas seulement, c'est l'ensemble de ce polar qui est à mettre à l'honneur. Un grand merci aux éditions Jigal et à Jimmy Gallier.

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