Un roman noir qui cumule à la fois les aspects historique et d'espionnage , espèce assez rare pour être souligné. Agrémenté en plus d'un cadre géographique pour le moins inédit , la Géorgie, pays hanté par son lourd passé de sattellite de l'Ex/URSS dont manifestement l'ombre tutélaire continue de planer sur son existence présente : le désormais vieux Deus Ex Machina Stalinien poursuit au-delà de la mort ses ravages psychiques. Ainsi, le meurtre d'un jeune ressortissant français dans un hôtel de Tbilissi tracasse beaucoup le vieil attaché d'ambassade René Turpin, angoisse amplifiée par l'évident blocage de la police géorgienne, et ce n'est pas le second cadavre d'un vieil apparatchik de l'ancien KGB qui va le rassurer. Alors , il se rabat sur son ami octogénaire Kartadzé avec qui il fait de si roboratives agapes, négligeant la vieille ourse de femme de celui-ci, mais n'est-ce pas une erreur, quand on apprend que l'amie indéfectrice de cette dernière, a fortiori traductrice à l'ambassade de France , vient à son tour d'être trucidée selon un modus operandi similaire? Mais que cherchait donc Sébastien Rouve à travers son doctorat, quelle était sa thèse générant autant de dégâts humains? Et là ,surgissent des faits que chacun espérait révolus, le parcours chaotique et opaque du plus grand espion retors du XXème siècle, j'ai nommé le légendaire Kim Philby, dont de toute évidence , le mystère restera entier entre ses obédiences britanniques, américaines ou russes. Car la matrice de sa thèse, son substrat, c'était celui-là, et les Russes restant très paranoiaaques des décennies plus tard, eh bien, il continuait à déranger. Roman noir déroutant, subjuguant, incompréhensible pour qui ne peut comprendre les avatars de l'âme slave. Oui, un opus qui tranche de la normalité, que je consère personnellement comme inclassable et cependant singukièrement enrichissant. A l'intérieur de cet émiettement constant et grandissant de cette balkanisatisation, il a au moins le mérite d'éclairer d'un jour plus lumineux les recoins fort obscurs de cette partie de la planète!  Très vifs remerciements aux éditions du Seuil et à Marie-Claire Chalvet, attachée de presse.

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