D'aucuns sans aucune méchanceté, m'objecteront parfois , soyons clairs, avec raison, que je fais souvent dans la louange, que je serai devenu au fil du temps comme un thuriféraire d'un genre bien spécifique, le polar comme vous pouvez le deviner! Mais en cette occurrence, l'opus dont je viens d'achever, époustouflé, la lecture, relève du génie ! Pourquoi? L'auteur y a en effet inséré à coup de prologues en tête de chaque chapitre sa façon de procéder, sa méthode, sa manière de voir les choses, entrecoupés de descriptions hallucinantes de paysages, de proverbes......Attention, c'est unique, je n'ai jamais rien lu de tel. Nord/Est des Etats-Unis , le Rhode Island, le pays des lacs, plusieurs s'y ébattent et s'y débattent dans une intrigue supra arachnéenne, les Doug, Taylor, Brenda, Laureen, Dempsey, Blanski, Daimler, Willow, et le fabuleux Mardirossian, prétendument collecteur de dettes, qui vont défiler devant vos yeux écarquillés dans un canevas somptueux, sans un seul moment de répit, n'ayant aucune pitié pour vos muscles tétanisés! C'est du très très grand, et quel imaginaire débordant, j'avoue humblement que j'en reste pantois. Extraits :" Je n'ai jamais compris ce que ces étés-là avaient d'indien. Etés de peaux-rouges, peut-être, par la couleur automnale des érables, étés de massacre aussi, quand les arbres sacrifient leurs feuilles. Elles sont les prolétaires de la nature, les mineurs de fond de l'air à qui l'arbre confisque toute l'énergie qu'elles produisent sans leur offrir, en échange, la protection qu'elles mériteraient contre le froid. Alors le froid venu, justement, une hormone déclenche le signal de l'extermination. L'arbre produit de minuscules bouchons de liège qu'il envoie obstruer les pédoncules des feuilles pour les priver de sa sève nourricière, et économiser l'énergie et l'eau qu'elles dépenseraient à se protéger du froid, comme le fait l'arbre, dans sa grosse doudoune de liège. Chaque été indien, nous nous extasions d'une extinction de masse."  Très vifs remerciements aux éditions Hugo, à Bertrand Pirel, à Célia Giglio, attachée de presse.

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