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Quel filou cet auteur marseillais chevronné qui me surnomme "Le Péronnais", oui dis-je , quel voyou qui nous embarque dans une intrigue dont le lecteur subodore au fil des pages le chemin inévitable qu'elle va prendre! Nous sommes à Phocée, Massalia, et en cette période proche de la trêve des confiseurs, le marché santonnier bat son plein sauf que........La marchande s'effondre derrière son étal, trois congressistes se font exploser la tronche et un vieil handicapé achève ce tableau sanglant. Le commissaire Arnal , mollusque patenté, et son équipe, dont la capitaine Emma et ses trois adjoints, vont rapidement être pressurés par les politiciens et la piste grosse comme un boeuf de Daesch sauf que.......étrange simultanéité, un nombre impressionnant de paquets de cocaine sont retrouvés flottant sur le littoral et que, peu de temps après, quatre jeunes "happy few" locaux décèdent d'overdoses lors d'une nouba. La réalité est-elle toujours aussi simple? Alors Emma va cèder et ne peut s'empêcher en toute discrétion de faire appel à son ami de toujours Clovis, le deus ex machina de l'auteur. Cet opus est dense, d'une thématique fort riche concernant l'actualité, le complotisme, le conspirationnisme, la déferlante comme inarrêtable de courants fascisants, la bêtise claironnante, la crédulité et le titre lui-même en est un exemple désopilant mais finalement grinçant, l'alignement des planètes entre la noirceur historique et le présent obscurantiste, la résurgence de formes voisines de la débilité du nazisme et son aspect précurseur des formes les plus absurdes du management néo/libéral. Extraits :" Il étaya son discours en prétendant que les bouleversements politiques tumultueux, l'émergence des nationalismes et des xénophobies, les emballements racistes, la critique incessante des représentations élues dans les systèmes démocratiques, la normalisation des insultes, la défiance envers les élites et les intellectuels, l'espèrance de l'avènement d'un chef charismatique sachant mener la barque dans la tempête."  "Nos sociétés sont fébriles, fragiles, soumises à toutes sortes de pressions et de tensions, regardez le nombre de succès électoraux qui se bâtissent sur la peur ou sur la haine! On ne plébiscite plus des programmes de gouvernement ou de développement, on vote par défaut. La pandémie du coronavirus a mis en évidence notre extrême vulnérabilité. Chaque fois qu'une nation se sentait malheureuse, incomprise, elle plébiscitait un rédempteur, un gars qui l'étripait ensuite sans vergogne pour la soumettre à son autorité personnelle, et personne ne retenait la leçon, ça durait depuis la nuit des temps."  Très très vifs remerciements pour les éditions Jigal , Jimmy Gallier et cet auteur, Maurice Gouiran, que je place tout en haut de mon panthéon personnel.

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