Si je veux vous faire partager le plus sincèrement et le plus complètement possibles mes sentiments à l'issue de cette lecture, cette chronique va probablement pour moi s'avérer la plus difficile à écrire! Pourquoi ? Parce qu'en ce qui me concerne, c'est d'ores et déjà le livre de l'année, ni plus, ni moins ! L'auteur, dans un style narratif unique, prend à témoin le lecteur : voyez comment agissent vos dirigeants pendant que la plupart d'entre vous suaient sang et eau pour ne serait-ce que survivre! Ce ne sont en effet, avec un réalisme saisissant, que complots, coups fourrés, querelles byzantines et assassines, duels à fleuret à peine moucheté, guerres picrocholines où, avec une transparence à peine voilée, vous lecteur lambda, allez aisément deviner le canevas que nous subissons depuis bien trop longtemps! Une seule retouche mais si vénielle, à ce portrait tellement proche de notre époque : la présidente est une femme mais affublée d'un compagnon trente ans plus jeune, suivez mon regard. Un ministre de l'intérieur dont les dents rayent le parquet, qui n'est pas judiciaire pour autant, un ministre second de gouvernement qui présente une furieuse ressemblance avec un écolo de pacotille et un peu mou du bulbe, un premier ministre inaugurateur de chrysanthèmes , et dans le cercle gravitationnel, des barbouzes, moult barbouzes. Agrémenté d'un style parfait, limpide, presque gouleyant, cet opus à nul autre pareil ne saura que vous ravir quant à la démonstration des vilenies du pouvoir, de ses immondices, de ses épouvantables dérives! Comme disait un très grand écrivain trop tôt disparu, le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. Une présidente démissionnaire, des attentats manipulés, des bunkers sécuritaires pour ultrariches engoncés dans leur trouille, une extrême-droite à la porte du pouvoir, assassinats déguisés, une pandémie instrumentalisée, des catastrophes climatiques délibérément minimisées, tout , mais tout est intégré dans cet ouvrage qui, ne l'oublions jamais, n'est que fictionnel, mais si peu! Ces coulisses du Pouvoir sont nauséabondes, putrides, fétides, méphitiques ! Seuls M'zelle Clio, fille du prétendu écolo et "Le Capitaine" échappent à la plume acerbe de l'écrivain! Chapeau l'artiste, monsieur ne s'appelle pas Leroy pour rien. Extraits :" Manerville comprend que ça l'agace, de voir ces nietzschéens hydrocéphales à petits corps qui n'avaient pas lu Nietzsche, donner des leçons aux scientifiques et aux politiques qui, d'après eux, refusaient d'assumer." "Elle déteste ce que l'époque a fait des corps, corps surveillés, corps punis, corps exploités, corps qui se méfient du désir, corps pornographiques." "Rester dans une grande ville en état d'urgence renforcé, ce serait tomber sur des patrouilles, contrôles aléatoires, drones, logiciels de reconnaissance faciale de plus en plus répandus." Très vifs remerciements à la Manufacture de Livres, à Pierre Fourniaud, et à Flora Moricet, attachée de presse.   Parution le 3 Février.

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