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Le Havre , XIX siècle, les gros armateurs, les quais , les dockers, nous sortons à peine de la traite négrière à laquelle certains exploiteurs éhontés font encore en catimini la courte échelle, voilà pour le cadre et c'est à lui seul un personnage entier de l'opus. Le café du port justement, tenu par l'accorte Marie, qui s'est imposé naturellement dans un milieu exclusivement masculin et populaire, où surgit un jour, harassé, un inconnu aux traits délicats : qui est-il, d'où vient-il, pourquoi justement ici?  Amnésie totale, une seule chose est certaine, il n'est pas du quartier, du milieu. Magnifique analyse sociologique et historique de ce cadre portuaire, splendide reconstitution à travers le parcours singulier d'Antoine, âme de justicier et fils d'un armateur droit dans ses bottes, avec en toile de fond ces descriptions au scalpel de populations loqueteuses survivant dans une misère noire, tels ces brouettiers trimballant à longueur de journées des sacs de café ou des balles de coton. Antoine à la naissance improbable et à la trajectoire encore plus chaotique, qui va transpercer les strates sociales d'alors, telle une fulgurante météorite. Quelle découverte, il existe de ces pépites dans ces "petites" maisons d'édition qui ont l'heur de me laisser pantois. Et alors, la qualité éditoriale, je vous raconte même pas. Très vifs remerciements aux éditions Zinedi, à Fabienne Germain. 

Commentaires (1)

Fabienne
Très vifs remerciements à toi, Jean-Michel, pour ta fidélité et ton enthousiasme qui font chaud au coeur de la petite éditrice qui croit, contre vents et marées, à la qualité des textes qu'elle publie. "Petite éditrice" n'a rien de péjoratif, nous le savons, c'est juste une réalité, celle de l'édition de création, si petite et si peu visible, face à l'industrie de l'édition, ogresse qui occupe tout l'espace et se réjouit quand un petit disparaît, chétif insecte, comme aurait dit La Fontaine. Cette tentative d'effacement, nous la ressentons jusque dans la nouvelle organisation du livre de Paris, entre les mains du syndicat national de l'édition (qui ne regroupe que les gros) et qui, par ses prix prohibitifs et ses exigences intenables, a, de fait, exclue les petits éditeurs indépendants de province. Les agences régionales du livre se sont d'ailleurs exprimées à ce sujet.
Encore merci de lire nos livres, de les aimer et d'en parler, c'est un vrai réconfort.

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