A travers les âges, le mâle a toujours été , en dépit d'un certain vernis trompeur, ce prédateur sexuel violent dominé par sa verge turgescente, telle est la leçon désolante démontrée par ce roman noir sociétal plus actuel que jamais! Combien de femmes battues, démolies, violentées, violées, voire assassinées par leur mari, compagnon, patron et hommes lors d'une rencontre fortuite? Et combien de ces femmes ne retournent-elles pas ce drame contre elles-mêmes, ajoutant à leurs malheurs une culpabilité indue qui n'a nullement lieu d'être et à des chercher des causes inexistantes dans leurs comportements , aguicheurs ou pas, leurs tenues vestimentaires, provocantes ou pas? Ici c'est Nadia qui va subir les outrages d'un patron dominateur, porcin, ne considérant les femmes que comme des objets de son plaisir; désavantage supplémentaire, il écrase la région de son poids économique et de son réseau d'influence, il s'appelle Lacombe, pas Lucien mais Roland , donc sa version prométhéenne! Tous et toutes lui sont soumis dans le coin, à des degrés divers et lui sont redevables, y compris le commissaire, ami de parties fines de longue date. Alors quand le capitaine Malavoy venu d'ailleurs , débarque dans ce marigot et, accompagné de son adjointe Sylvie, tente de mettre son nez dans ces affaires malodorantes, ça va tanguer dans le landerneau montalbanais. Passionnant, prenant, sans concession, osant s'attaquer à des sujets dérangeants, inutile de préciser que j'ai fortement apprécié cet opus tout en étant désolé par mes congénères mâles pour lesquels cependant, je ne me faisais guère d'illusions, eux qui, pour la plupart, ne connaissenr que le rapport de forces : s'attaquer à une mère célibataire économique fragile est si facile!  Vifs remerciements aux éditions Cairn et à Joanna Michler, chargée de com.  

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