Je pèse mes mots, et pourtant sachez-le , c'est un chef d'oeuvre , ni plus, ni moins! Cet opus sublissime nous narre en premier lieu l'odyssée des Marocains dans les Houillères du Nord/Pas de Calais, car oui, si vous ne le saviez pas , dans les dernières années d'exploitation du charbon en France, le patronat a fait appel à des Marocains du sub/saharien, filière qui est venue se greffer tant bien que mal aux mouvements d'immigration précédents, les Polonais, les Espagnols, les Portugais, les Italiens et qui procure encore aujourd'hui cette sensation de densité, de richesse humaine consubstantielle à ce terroir. Le personnage qui nous raconte cette épopée, ne soyons pas dupes, mais nous ne saurions l'être, tant l'auteure joue la carte de la transparence, c'est l'auteure elle-même sous le pseudo d'Hannah. Elle part de sa toute petite enfance , sa famille nombreuse mais très soudée dans leur petit coron de Lens, son père mineur de fond qu'elle adore, sa mère plus soumise mais qui va lui apprendre la quotidienneté, comme faire le pain, et ses frères et soeurs plus jeunes. Son père, en dépit de difficultés de compréhension de la langue, va rapidement comprendre que les Marocains n'ont aucun droit et surtout pas de statut, contrairement aux vagues d'immigration précédentes, et ça, ça ne va pas du tout ! Quant à Hannah, elle possède de superbes dispositions d'apprentissage et le père, extraordinaire, va lui faciliter le tremplin, ce qui est particulièrement rare à cette époque et , comme le chantait Brel, chez "ces gens-là". Le lecteur est emporté par les fulgurances, les thématiques abordées, fort nombreuses et admirablement traduites, les phrases courtes type staccato, et la reproduction de ces scènes , de cette vie, de ce parcours personnel fabuleux de cette "petite" maghrébine devenue professeure de français en lycée puis........mais je n'en dis pas davantage tellement c(est étonnant. Sachez et j'insiste, que c'est à peine fictionnel et tiré de faits réels. Et ce père qui dit à sa fille, après que de nombreux collègues aient basculé à l'extrême-droite : "Faut pas hair toutes les roses parce qu'une épine t'a piqué"." S'il cesse de penser, chaque être humain peut agir en barbare" , ça , c'est après les attentats du Bataclan !  "Le Mal réside dans les petites choses du quotidien". Une auteure qui cite du Bachelard, "L'Imaginaire, c'est la voie qui mène au réel."  et du Péguy " Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme perverse, c'est d'avoir une âme habituée". Splendide opus, un roman, c'est le moins que je pouvais dire, noir charbon, sur un sujet comme par hasard très méconnu de notre histoire nationale et que vous n'apprendrez jamais dans les ouvrages "marketés" qui nous envahissent le cervelet.  Des remerciements fort chaleureux aux éditions de l'Aube , à Isabelle Lacroze, une attachée de presse d'une fabuleuse ouverture d'esprit ! 

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