Encore un excellent polar se déroulant sur Lille et ayant pour thématique ces enfants et adolescents, abandonnés, le plus souvent livrés à eux-mêmes, ballottés de familles d'accueil en foyers et centres d'éducation fermés. De potentielles bombes à retardement qui, à moins de recèler une exceptionnelle force de caractére, seront amenées à venir grossir les cohorte de délinquants et à remplir les geôles du pays. Le capitaine Dallaglio et sa nouvelle compagne, la québécoise Allyson, vont ainsi se lancer à la recherche du meurtrier d'une jeune femme, dont le cadavre calciné a été retrouvé suite à un incendie volontaire. Ce ne sera malheureusement que le début d'une longue série, dont la caractéristique particulière est la piqûre au curare des cordes vocales générant le mutisme des victimes et qui est la signature de l'assassin. Une très belle écriture, un rythme soutenu, des personnages très bien campés accompagne cet opus à la genèse pour le moins particulière et douloureuse. En effet, il n'est pas vraiment possible de considérer que cet ouvrage est consécutif à une création à quatre mains. Pourquoi? Il se trouve que j'ai rencontré l'auteur, Gilles, il y a quelques années, sur plusieurs salons du Nord , ayant déjà écrit deux polars et il était déjà gravement malade, touché par un cancer du larynx! Après son décès et avec son accord ante mortem, sa soeur Céline, a repris le flambeau et je peux vous dire que c'est une réussite. Extrait :( c'est Céline qui parle)" Dallaglio avait habituellement la dent dure contre tous ces coureurs occasionnels qui libéraient leur conscience des trop grosses bouffes et apéros pris toute la semaine par une course soit-disant salvatrice le dimanche. Un truc de bien-nourris, y'a que quand on est riche qu'on a envie de prendre soin de son corps pour en profiter plus longtemps. Les pauvres ont d'autres soucis que leur ligne." Un immense merci à Céline.

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