Extraits : "Le monde change tellement vite, c'est presque idiot d'avoir de la mémoire".  "Tout compte fait, l'obéissance est plus confortable, elle évite l'angoisse d'avoir à faire des choix ou à prendre des décisions."  "Les idéaux sont pour les cons, et ceux qui les mettent en pratique finissent tous sur la croix."  "Nous avons colonisé des peuples qui se contentaient de peu et qui vivaient de rien, et maintenant nous cherchons à appauvrir ceux qui jusque-là s'en sortaient, ça s'appelle la compétivité." Et la page 288! C'est un opus où règnent en maîtres trois personnages fondamentaux, le commissaire Soneri, le fleuve Pô, et ce brouillard, omniprésent, presque omniscient ! C'est un roman d'atmosphère, d'une atmosphère noire, poisseuse, gluante, qui vous colle aux pattes comme une tunique de Nessus ou le sparadrap du capitaine Haddock. Un cadavre est retrouvé dans la boue , une balle dans la nuque. Qui est-ce? Un Hongrois apparemment, pêcheur illégal de ces silures tant convoités par certains pays, mais le commissaire ne fait qu'entamer un long chemin vers une enquête tortueuse, retorse, augmentée d'une seconde découverte scabreuse et toute proche, celle de l'ancien commandant Manotti dans sa maison isolée au bord du fleuve. Tout y passe dans ce splendide ouvrage, trafic d'armes, crimes, un trésor mythologique.......ou pas, idéologies surannées et fantasmées, une galerie de personnages truculents , et avec un talent somptueux.Le lecteur se sent dès l'abord en parfaite empathie avec ces gens si modestes mais si touchants, voire énigmatiques comme ce Lumen, nyctalope et quasi devin. C'est un magnifique moment livresque qui s'achève pour moi, et j'aimerai tant revenir en arrière pour me replonger dans les brumes frissonnantes de la province parmesane. Bravo à Florence Rigollet, traductrice.  

 

 

 

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