Extraits :"Les vrais tribunaux ne siègent pas dans les palais de justice, ils sont à l'extérieur, dans nos rues, sur les places de nos villes et de nos villages."  "Elle avait à voir avec cet asservissement sournois, ce sentiment d'infériorité qui piétine , chez les laissez-pour-compte, ce qu'ils ont de plus intime lorsqu'ils sont confrontés aux autorités, au pouvoir, aux gens qui parlent et qui s'agitent comme il se doit, les induisant à accepter le mauvais sort, l'injustice, sans jamais se révolter, à courber l'échine". C'est encore une fois, et j'en serais presque désolé si cela ne me ravissais , une splendide découverte que je viens de faire. C'est dans le Basilicate, territoire désolé au bout de la botte italienne, dans un minuscule village, Ravina, que se déroule intégralement l'action, autour de quelques familles qui se cotoient depuis plusieurs générations et c'est la disparition de l'ado Chiara, quinze ans, qui va tout déclencher sous les yeux de Sandro, le narrateur,qui, lui, avait déjà subi l'opprobre et un tombereau pour la découverte fortuite de son homosexualité avec le médecin du village. Composant ce tableau pas très ragoûtant de l'humanité souffrante, dans cette région très pauvre matériellement mais aussi spirituellement, il y a Pasquale, complètement soumis à sa femme Bianca, et sa fille Lucia, Ninetto et Assunta, les parents de Chiara qui, elle-même, est le plus souvent présente chez Bianca et Lucia, sa cousine. C'est à la fois magnifique et terriblement oppressant dans ce presque huis clos, qui étouffe sous les préjugés et les archaismes. Le lecteur a le sentiment qu'il n'existe aucune perspective pour les autochtones de ce territoire si peu avantagé par la nature et que le drame est comme inscrit dans les gènes de ces pauvres hères. Superbe moment de lecture et j'en remercie vivement les éditions Gallimard et Christelle Mata, attachée de presse. 

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