Oserai-je dire de ce polar grec qu'il est homérique? Voilà qui est fait. Ces 270 pages sont un vrai bonheur livresque sur bien des points et notamment culturel mais pas seulement, oh que non! L'auteure, très brillante, fait appel à la thématique terrible des migrations, dont son pays d'origine est particulièrement marqué. Elle nous décrit aussi une Grèce martyrisée à la fois par l'Europe et son redoutable voisin, la Turquie mais pour procurer une salutaire bouffée d'oxygène dans une Athènes polluée, nous offre des cours de cuisine et d'oenologie grecques à couper le souffle! Je me souviendrais fort longtemps de ce personnage de Stavros, un commissaire hors normes et de son adjointe pétulante Dora, du petit Hamid, migrant ballotté tel un ludion au milieu de la folie des hommes, de Livados, ce directeur complètement coincé entre des exigences contradictoires! Et ce style , bon Dieu, ciselé, incisif, de la dentelle ponctuée de chansons, d'idiomes, de plats roboratifs, le lecteur vit littéralement avec ces personnages, en totale empathie, vous ne pouvez sortir de votre apnée qu'à la toute dernière page! Vous connaissez le tavli? Non, et bien tant pis pour vous, car il y a une scène grandiose dans cet opus autour de ce jeu traditionnel. Extrait "C'est comme le Messie: on sait qu'il y en a un,d'aucuns l'ont vu, d'autres espèrent encore, certains ne l'attendent plus.En tout cas, il fait parler de lui." Un grand merci aux éditions Jigal, à Jimmy Gallier.

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