C'est pour ces raisons que je fais autant de lectures, que je les chronique et les partage , le plaisir de découvertes et de quelques pépites insoupçonnables enfouies dans le magma littéraire profond ! Et là, dans les profondeurs, voire dans les abysses, le lecteur va y descendre et va boire le calice jusqu'à la lie de la médiocrité humaine, de la connerie mafflue et de la bêtise à front de taureau! Lorsque le cadavre de la jeune Meredith, fille d'un notable blanc d'un comté du tréfonds de l'Alabama et ce, dans les années soixante, est découvert, violée et battue à mort, que le shérif Miller n'a pas le temps de couvrir cette ignominie comme à l'accoutumée car le pisse-copie local, Paul Wesley , l'a découvert avant lui, ça sent d'ores et déjà le roussi pour le petit cénacle des suprémacistes blancs locaux! L'avocat Robert Atkinson à la tête du Klu Klux Klan local et de leurs cagoules menaçantes, entouré de "bras cassés" comme les frères Cole ou Larry Williams pour les coups pendables, voire les assassinats les plus abjects, tel le meutre collectif de la famille Ferguson, est parvenu sans difficulté excessive à gangrener la police locale via les adjoints de Miller, les frères Williams! Mais surgit le grain de sable dans l'engrenage trop bien huilé depuis tants d'années: l'arrivée de Dwayne Olsen, agent du FBI envoyé par Washington car Meredith figurez-vous, avait un journal intime dont, avant sa mort, elle avait transmis certains extraits au siège fédéral ! Reconnaissons-le , l'auteur a réussi un tour de force en retrouvant de la documentation et en parvenant à construire un scénario fabuleux de noirceur et de suspense, s'élevant crescendo dans une montée en puissance qui ne laisse nul repos au lecteur embarqué dans une folle et angoissante équipée! La saloperie, le mensonge, la duplicité, la violence aveugle, la connerie à l'état brut, la misère tant matérielle que spirituelle, l'enfermement, les horizons définitivements bouchés, la totale absence de perspective , la moiteur poisseuse du "Deep South" , cette petite communauté recluse sur elle-même, en apnée permanente, c'est toute cette atmosphère que vous fait découvrir cet opus! Cela vous fait peur? Vous auriez tort, ce thriller est somptueux à tous égards ! Bravo à Nicolas Koch et un grand merci aux éditions De Saxus et à Pauline Bortolotti, attachée de presse.  

Couverture du livre : Un fruit amer

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