"Les Larmes d'Isabela" de Gérard Coquet. M+ Editions

Résumé :

 

1946. De Madrid aux quais de Lisbonne, une traque implacable entraîne des hommes et des femmes en fuite vers l’inconnu.

Dans l’ombre des dictatures et des prisons, certains survivent, d’autres disparaissent.
Tous portent en eux des blessures que rien n’efface.

Au fil des exils, les voix se croisent : celle de Santiago, résistant traqué, de Doña Eva, figure ambiguë de Lisbonne, de Lucía, jeune femme téméraire. De Sisa et de sa folie. Entre fidélité et trahison, désir et vengeance, chacun affronte la part d’ombre qui le poursuit.

Fresque chorale et envoûtante, Les Larmes d’Isabela interroge la mémoire et l’oubli, la fatalité des serments et la violence des choix.

 

 

Chronique :

"Les Larmes d'Isabela" de Gérard Coquet. M+ Editions. Éblouissant, et pas seulement la couverture, exceptionnelle, car quel bel objet. Là je vous parle du contenu, une fresque picaresque de 380 pages, où vous ne pourrez jamais reprendre votre souffle, tant le récit est épique, bouillonnant. L'action se déroule durant une période très peu connue et dans trois lieux différents successifs juste après la seconde guerre mondiale, l'Espagne franquiste, puis le Portugal sous Salazar, et au final aux îles Galapagos. Et le défilé des personnages d'une rare puissance est envoûtant, agrémenté de scènes magnifiquement ciselées. Mais le livre est pour moi indéniablement porté par les épaules fort robustes (c'est en l'occurrence un euphémisme), du jeune Santiago qui traverse les pages avec une acuité exacerbée et une endurance d'airain. Et puis l'auteur maîtrise si bien les portraits, ceux de Dona Eva, la classe incarnée, l'art de la manipulation jusqu'au bout des ongles, de Lucia, qui n'est pas la fille de son père pour rien, celle d'un grand résistant, légendaire, sous la férule franquiste. Il vous emporte aussi dans un style alerte et une écriture au scalpel qui ne vous autorisera aucun repos ! Au fait, pourriez-vous m'objecter, et Isabela ? Sauf qu'Isabela n'est pas un personnage, eh oui, je vous laisse le deviner, mais seulement bien sûr si vous lisez cet opus magistral ! Très vifs remerciements aux éditions M Plus, et notamment à Virginie Guillard.

Les larmes d isabela

Date de dernière mise à jour : 03/04/2026