Résumé :
" Il ne leur reste que la religion pour montrer qu'ils existent. Ce nouveau terrorisme est une forme dégénérée de la lutte de classes. "
Pour la première fois depuis des années, Soneri se trouve vraiment désemparé. Ce n'est ni à cause du meurtre sur lequel il enquête, ni de l'hypocrisie des politiques ou de ses supérieurs. Pas même à cause de sa santé déclinante. Le vrai problème, c'est le monde dans lequel il est entré, qui ne ressemble en rien au sien.
Tout a commencé avec le meurtre de Hamed, un jeune tunisien employé pour assister un vieil aveugle. En revenant sur ses traces, Soneri tombe tête première dans le monde de la communauté musulmane de la banlieue de Parme, où la tension entre immigrés et locaux atteint son paroxysme. Quelle est la véritable raison de ce conflit ? S'agit-il de questions culturelles et de fondamentalisme religieux ? Ou d'une lutte pour le contrôle du trafic de stupéfiant ? La seule chose que tous semblent avoir en commun est une haine visible ...
Valerio Varesi aborde ici l'une des questions les plus controversées de notre époque, la relation entre les communautés religieuses.
Chronique :
Quel admirable conteur que ce Varesi ! Unique en son genre. Et cet emblématique personnage du commissaire Soneri, fabuleux. Et je ne vous parle pas de son cholestérol, astronomique ! Alors quand un tunisien anonyme, un certain Hamed, hébergé par le vieil aveugle Fornarai, est assassiné, Soneri veut creuser le pourquoi du comment. Sauf que sa bonne ville de Parme, toujours brumeuse, a beaucoup changé, et pas en bien. Les tensions se font de plus en plus importantes entre les italiens, chaque jour plus nombreux à virer au fascisme, et la communauté musulmane subissant les ukazes de certains imams radicaux. Mais en l'occurrence dans ce livre, l'enquête est plutôt un prétexte, car nous avons affaire à un remarquable roman noir d'atmosphère. Extraits : " Désormais, il faut toucher l'émotionnel, être vif et violent comme un coup de fouet. Un bouillon indigeste constitué d'un chapelet de slogans." Fin du 1er extrait. " : Les gens de ton âge n'ont plus le sens du temps, il n'y a que le présent qui existe ". Fin du second extrait. " Les vieux soixante-huitards sont comme les chinois qui additionnent les travers du capitalisme et ceux du communisme : l'enfer." Fin du 3eme extrait. " Ce qui caractérise notre époque, c'est le refus de devenir adultes. " Fin du 4eme extrait. Un très grand cru que ce Varesi, le 10eme Soneri publié en France, et on en redemande ! N.S.P.