Résumé :
Au cœur d'une sombre forêt du Morvan, tout près d'un lac aux eaux opaques, se dresse une maison en bois. C'est là que les Olsen s'installent, un jour de printemps. Le père, d'origine norvégienne, a imposé cet isolement à sa famille à la suite de la brutale agression subie à l'école par Rune, sa fille préférée qu'il a élevée comme un garçon.
Pour fuir ce monde hostile et violent, ils vivront désormais loin de tous, dans ces bois retirés. Leur Petite Norvège, comme il l'appelle, est une promesse d'autonomie et de sécurité. Mais certaines promesses sont des mensonges. Et, les filles Olsen vont bientôt le découvrir, la vie en vase clos peut aussi devenir le pire des pièges...
Chonique :
Magistral ! Quelle construction superbe. Les thématiques employées sont indubitablement la vengeance, le féminicide, les familles très dysfonctionnelles (c'est un euphémisme ! ), les déviances sexuelles ( le terme est faible ) , et les carences policières. Rien que ça. Inutile d'insister donc sur la densité de l'ouvrage, il est d'une richesse incroyable. Nous commençons par la famille Olsen, franco-norvégienne, avec deux filles dissemblables, Gerda et Rune, le père tyrannique Frédéric, et Mathilde, la mère soumise. Réfugiés en plein Morvan, et affrontant l'isolement, les grands froids à la fin des années 90. Dans la seconde partie, nous passons en 2017, la mère a été assassinée par le père, Rune, une sauvageonne, est partie vivre en pleine nature avec son chien, et Lise ex/Gerda, a intégré la gendarmerie, avec comme mentor le capitaine/Retraité André Moulin, après avoir été adoptée par l'argentique Danièle. C'est brillantissime, haletant, impossible à lâcher, ça se dévore de façon "ogresque". Les personnages sont magnifiquement dessinés, vous entrez en connivence avec eux. C'est forcément une lecture hautement recommandable. (Et puis nommer une chatte Yvonne, fallait oser tout de même, non ?). Très vifs remerciements aux editions Fleuve, à Estelle Revelant, attachée de presse, et à l'actrice en tout premier lieu.