Résumé :
Une marque au fer rouge représentant un fil barbelé : c’est là le détail glaçant qui interpelle le capitaine Hyppolyte Lebon lorsqu’il examine le corps d’une jeune prostituée ukrainienne, sauvagement assassinée à l’arme blanche, près de la gare de l’Est à Paris. Les doutes se multiplient : cette travailleuse du sexe, aurait-elle été tuée pour avoir tenté d’échapper à ses souteneurs ? Ce crime servirait-il d’exemple pour dissuader celles qui projetteraient de fuir ?
Très vite, un indice oriente Lebon vers l’Est de la France...
Chronique :
Derrière ce titre sous forme d'abécédaire se dissimule un polar dont certaines scènes sont d'une rare violence. Mais ces dernières ne sont pas gratuites, car en représentation directe d'un univers épouvantable, la traite des êtres humains, activité malheureusement parmi les plus lucratives qui soient. Cette autrice nous a d'ailleurs déjà habitué aux sujets difficiles et délicats, adjectifs euphémisants. Et en l'occurrence, les frontières n'existent pas dans ce monde fort glauque. Le fait que l'actrice ait choisi pour une grande part de l'action une localité à cheval sur trois pays n'est pas innocent. Alors quand l'équipe policière du capitaine Lebon retrouve le cadavre marqué au fer rouge comme du bétail d'une jeune femme à Paris, à coup sûr, la prostitution est encore concernée. Et quand une ex/amie lorraine du capitaine, pharmacienne, meurt-elle aussi de façon violente, son suicide n'étant nullement crédible, Lebon s'interroge ? En dépit de la thématique qui pourrait faire peur, que voilà donc un excellent polar, peuplé de personnages fort bien campes, notamment chez les flics, hommes ou femmes à parité, l'entourage du capitaine est à cet égard éloquent. Et le rythme des chapitres proprement vertigineux. Lecture recommandable, pour ne plus se faire d'illusions sur la nature humaine, si, par extraordinaire, vous en aviez encore. N.S P.