Résumé :
Une cavale syncopée dans les Pyrénées, librement inspirée de faits réels.
Depuis près de dix ans, Valère fait le sale boulot. Au chenil, il nettoie la merde des chiens sous la pression d'un patron intraitable.
Ces derniers temps, il se sait menacé : la nuit, dans le village où il vit avec sa femme et son fils, des hommes armés patrouillent autour de sa maison. Pour protéger les siens, il s'équipe et s'entraîne. Jusqu'au jour où l'irréparable se produit.
Alors, Valère prend la fuite avec pour seule boussole la carte dessinée par son père, un berger qui a quitté la montagne à regret. Au détour des sentes pastorales, un itinéraire mène à la terre promise. Là-bas, espère-t-il, une autre vie est possible.
Servi par une prose syncopée, ce premier roman librement inspiré de faits réels entraîne le lecteur dans une cavale haletante à travers les Pyrénées.
Chronique :
"Lâcher les Chiens" d'Antoine Feurte. Editions Paulsen. Premier ouvrage et magnifique coup de maître. C'est d'abord dans l'écriture que cet opus recèle une réussite complète. Un grand roman noir, très noir, sans la perspective d'un quelconque espoir. C'est l'histoire de Valère, celle d'une vie où le mot bonheur est définitivement absent. Depuis des années, il nettoie la merde des chiens dans un chenil industriel, en Proie à la répression de sa hiérarchie et aux récriminations de ses collègues. Mais arrive un moment où ça craque, il tire sur son patron (entre autres) et prend la fuite dans la montagne qui était le refuge de son défunt père. Il y a des phrases admirables de désespoir dans ce road-movie pyrénéen, dont on sent à l'avance qu'elle sera l’issue, fatale ! Mais vraiment ce style, à coup de phrases hachées, elliptiques, c'est franchement impressionnant, et quand on connaît l'âge de l'auteur, c'est fabuleusement prometteur. Lecture hautement recommandable, néanmoins, évitez de le lire si vous êtes dépressif. N.S.P.