Résumé :
Khadija Dahan franchit le seuil du SDPJ 92 à Nanterre dans une atmosphère électrique. Elle veut déposer plainte contre son mari. Mais les policiers qui la reçoivent, la gardienne de la paix Nour Faria, le brigadier-chef Victor Perrin et la capitaine de police Pauline Ferraz, sont à bout de nerfs : les dossiers s'empilent, et les interventions de la veille ont été particulièrement musclées. Sans compter que, en coulisses, une réforme de la PJ se prépare. Ces trois flics dévoués sont pris au piège d'un système en crise et d'une hiérarchie déconnectée. En sous-effectif permanent, ils se débrouillent comme ils peuvent face à la brutalité du terrain. "L'affaire Khadija" est l'affaire de trop. Le point de rupture pour ces policiers sommés d'encaisser en serrant les dents.
Chronique :
"Cops Don't Cry" de Marc Fernandez. Edition Flammarion. C'est l'idée de base qui est singulièrement judicieuse. En effet, voir la crise de la police française, indéniable, mais vue du côté des policiers eux-mêmes. Voilà qui est fort intelligent et peu usité. Nous allons donc vivre les journées harassantes, physiquement et psychologiquement, de Pauline, capitaine, Nour, jeune gardienne de la paix, et Victor, brigadier/chef, et croyez-moi, c'est du costaud, c'en est même intenable. On pourrait dire : mais comment et pourquoi le Pouvoir martyrise-t-il sa propre police jusqu'à en faire un instrument dévoyé ? Le personnel, quelle que soit sa force d'âme, est littéralement broyé par le système : sous-effectifs endémiques, manque de reconnaissance, mépris à tous les étages, certains n'en ressortiront pas indemnes malheureusement, et ce n'est guère surprenant ! Un livre prenant, plus que nécessaire, qui nous fait voir une triste réalité d'une toute autre manière, comme le revers d'une médaille que l'on voudrait absolument dissimuler. Très vifs remerciements à l'auteur pour sa confiance.