"Le Cheptel" de Céline Denjean

UN MONUMENT ! Exceptionnel ! Un immense bonheur de lecture de 650 pages! Tant sur le fond que sur la forme, cet ouvrage n'est pas commun! Tout débute au milieu des Cévennes désertiques et rocailleuses par la découverte du corps d'une jeune fille bizarrement accoutrée, comme si elle venait d'une autre époque! Les policiers de Nîmes se mettent sur l'affaire et par le plus chanceux des hasards, vont tomber sur un indice et un témoin miraculeux! Et ensuite, ça va embrayer dans un style fluide, particulièrement addictif, allant crescendo, avec des moments de tension quasiment à chaque page, des personnages remarquablement dessinés , tant dans le Mal que le Bien!Puis l'auteure nous emmène  vers Toulouse et les Pyrénées où des liens ont été trouvés avec le premier cadavre : est-ce une secte, est-de du trafic d'êtres humains ( ou les deux!) et c'est à ce moment que nous allons retrouver Eloise , capitaine de police déjà découverte dans "La Fille de Kali" ( voir chronique sur ce blog) et son équipe! Ils vont d'abord se confronter à la jeunesse locale, dorée et dépravée , qui pratique accessoirement , sans aucun remords, la chasse à l'homme, puis l'enquête va se développer vers la direction d'un mouvement survivaliste et autarcique pour le moins nauséabond! De nombreux thèmes sont abordés à travers cet opus, comme la manipulation mentale, les mouvements sectaires, les pratiques de l'investigation policière particulièrement bien érudiées, la servitude volontaire et le déni de réalité ( sidérants!) ! Et que dire de la forme : j'ai reçu cet ouvrage en service de presse, épreuves non corrigées et couverture provisoire : à l'exception de quelques rares coquilles , pas une seule faute avec autant de pages, quel beau travail de l'auteure et des éditions Marabout ! Je vais encore faire dans le propos laudateur mais sautez dessus, tels des morts de faim car c'est incontestablement ( enfin, pour moi ) ma meilleure lecture de ces six derniers mois , et pourtant, comme vous le savez, il y a de la concurrence!  Extraits: "Je découvre l'asepsie sécuritaire des nouveaux aménagements urbains. Espaces dégagés, panneaux de verre sablé pour border les espaces d'attente aux guichets, long et large couloir d'attente sans assises. Ici comme ailleurs dans les villes, il faut circuler. Plus question de s'arrêter, de flaner, de s'asseoir........ni de se regrouper."  "La peur est un puissant sortilège que seule la survenance des événements redoutés réactualise sans cesse. La peur de la guerre, de nos ennemis, cette peur doit être entretenue...."    "La vérité, c'était que la distance kilométrique d'un drame conditionnait pour beaucoup la distance émotionnelle. Que des centaines d'enfants meurent chaque jour sous les bombes à l'autre bout du monde s'avérait au final moins frappant pour les habitants du coin que le fait qu'une psychopathe décide de s'installer ici même, au coeur d'un village tranquille dans un village sans histoire...."

Le cheptel 

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