Si vous appréciez l'humour caustique , le rire grinçant , le genre "peut-on rire de tout et que votre réponse est sans barguigner oui, alors cet opus désopilant est franchement pour vous et que passer à côté serait une grave erreur , pire une faute ! Dieu que c'est drôle mais justement que vient faire Dieu là-dedans : surtout rien car on en est très loin , et c'est tant mieux ! Totalement amoral, burlesque, picaresque, loufoque , ce "petit" (mais grand par le talent d'écriture) opus recèle une irrésistible galerie de portraits qu'une exposition universelle des années 1900 n'aurait pas déparée ! Imaginez un petit immeuble de trois étages habité par des personnages truculents, hauts en couleur, souvent imbuvables, parfois asociaux car le 8,allée Bartholdi, c'est quelque chose! Le personnage principal du rez-de-chaussée, c'est Antoine Spisser, le parfait rentier, héritier de papa/maman, obése, qui met avant tout un point d'honneur à s'éloigner le plus possible de toute notion de travail et que certain(e)s s'obstinent à confondre avec le concierge, eu égard à sa position géographique dans l'immeuble! Le reste du troupeau ( car je trouve qu'il y a un côté animal dans ces zombies!), voire du bestiaire, vous avez l'épouvantable commère, l'atrabilaire insupportable, le transformiste dézingué, la témoin de Jéhovah ( voire de Gévéor), la conservatrice de cadavres formolés et la zoophile déjantée!  Beaux spécimens n'est-ce pas et quand vous rentrez dans le feu de l'action, ça monte encore d'un lustre, si j'ose dire!! C'est vraiment impayable ! Extrait :" Un visage taillé à la faux, tout en arêtes. Le teint jauni de ces anciens vélins que quelques touches de couleur maladroites viennent rehausser. La peau martyrisée d'un veau mort-né raclé par le long travail du temps."  "L'échec engendrait l'échec et sapait les bases de l'enfance. Comme des vêtements démodés, les petits héritaient des rêves salis de leurs aînés. Ils ne devaient plus réussir pour eux, ils devaient venger l'affront. La tâche était beaucoup trop ardue, et, délaissant le fardeau de plus en plus tôt, ils ne faisaient que rajouter sur la pile le poids de leur propre frustration. La fin du cycle infernal attendrait la génération suivante. Une fois de plus......  Oui, vraiment , un grand petit roman noir, incisif et roboratif , que je recommande à toute personne perméable aux subtilités de la finesse humoristique!  Un grand merci aux éditions du Caiman et à leur insubmersible mentor, Jean-Louis Nogaro.

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