" La Mutualisation du Crime" de Jean-Marc Pitte

Quel livre étonnant , quel bouquin surprenant fondé sur un concept audacieux et totalement inédit , une sorte d'échange de victimes provoquant ainsi l'absence de mobile mais pour ce faire, une condition impérative, s'effacer de la surface de la planète, se gommer de toute aspérité jusqu'à faire croire à son plus proche entourage à une mort certaine ! Néanmoins , et comme toujours, rien n'est jamais simple et un grain de sable ( en l'occurrence, la présence inopportune de Otis, journaliste d'investigation/reporter de guerre à Budapest, a fortiori lors du meurtre d'un membre très sulfureux de l'élite hongroise!) va venir perturber cette machine trop parfaite, trop bien huilée! Il va ainsi reconnaître une femme prétendument disparue lors des attentats du 11 septembre et il en est d'autant plus certain qu'en 2001, il avait été, avec d'autres disparu(e)s, chargé de la retrouver! La société secrète "L'Hippocampe" vous met le marché en main : si vous avez une personne que vous détestez, que vous voudriez voir disparaître de la planète Terre, elle se charge de vous dégotter une personne qui sera dans le même cas de figure que vous et pour laquelle vous devrez accomplir un forfait similaire sur une cible désignée!! Et comme vous ne pouvez pas, a priori , avoir de lien avec l'individu visé, le piège est parfait ! Oui, mais en est-on si sûr?  J'ai adoré la grande originalité de la thématique et la construction parfaite, étonnante, avec des "feed/back" incessants entre 2001 et nos jours! Lecture rapide, agréable, fluide, avec une bifurcation lucide sur le sujet des migrants et la manière peu reluisante utilisée à leur encontre par certains pays d'Europe de l'Est, à travers par exemple l'ignoble trafic d'organes et la pédophilie! Extrait :" Le tourisme conduit des gens qui seraient mieux chez eux dans des lieux qui seraient mieux sans eux".   "Je vis dans un monde dans lequel les dirigeants économiques et politiques considèrent le décès de leurs congénères comme une variable d'ajustement dans la protection de leurs intérêts et la croissance de leurs profits. A mes yeux, un meurtre, qu'il soit perpétré par un salarié de l'Etat du Texas, par l'organisation de l'Etat islamique, par une épouse, un mari jaloux ou par l'Hippocampe, reste un meurtre."    Un grand merci aux éditions French Pulp et à Kim Beci, attachée de presse.

 


 

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