Un phémonène !!  Une bombe !! Tant sur le fond que sur la forme ! Et quelle écriture , quel style, époustouflant, flamboyant ! Dans les années quatre-vingt , au centre de la France, dans un territoire déjà désertifié, en déshérence, une fillette disparaît dans un petit village sans histoires , recroquevillé sur lui-même! Lensil ( car tel est son nom) n'a vraiment rien pour défrayer l'actualité ni pour se rendre attractif! Oui mais , dans le même temps , la multinationale américaine du divertissement et du jeu de rôles veut ardemment s'implanter en Europe et notamment en France et ce, par tous les moyens! Elle va utiliser pour parvenir à ses fins des moyens peu ragoûtants, tel l'embrigadement, l'endoctrinement de certains jeunes du village via sa nouvelle version qu'elle va tester sur eux, de son jeu maléfique "Empire des Chimères II" dont le ressort essentiel joue sur la ligne trouble, la crête ténue entre le réel et le fantasmatique ! Certaines scènes reproduites sont incroyables de réalisme et de cruauté à un point tel que le lecteur le plus assidu , concentré, se perd parfois dans les méandres de l'esprit tordu des concepteurs! Mais que de leçons il est possible de tirer de cet opus, que d'enseignements enrichissants derrière les masque d'apparences trompeuses et d'impostures désastreuses , tant sur l'esprit de corruption perpétuellement d'actualité , sur les vitales nécessités écologiques et la fragilité d'une planète qui présentait déjà les premières fissures d'un écroulement futur! Même Machiavel est appelé à la rescousse ;Extrait : "On voit par expérience de notre temps qu'ont fait de grandes choses les princes qui ont tenu peu compte de leur parole".En ce qui me concerne, parmi l'immense galerie de portraits qui traverse ce roman noir, Jérôme, ce présumé modeste garde-champêtre encore traumatisé par les ravages de "sa" Guerre d'Algérie, restera celui qui aura profondément sa patte sur mon ressenti. C'est le seul dans les personnages principaux qui surnage bien au-dessus de ce marécage saumâtre, fétide qui peuple cet ouvrage et ce n'est que le reflet d'une sinistre réalité et vous vous replongez trente-cinq ans plus tard et vous prenez conscience que cette réalité est encore plus sombre! Extrait: " Le libéralisme élève la propriété au rang de consécration de la réussite. L'urbanisation nouvelle doit être sous-tendue par une idée forte: l'exclusion. Une cité bien organisée est une cité inégalitaire. L'impertinence de la diversité ne s'exerce qu'en dehors des murs."  Un grand bravo à Antoine Chainas et un grand merci à Série Noire Gallimard et à leur attachée de presse, Christelle Mata.  

 

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