Un MONUMENT ! Un Chef d'Oeuvre du polar ! Denny Malone , le héros ( dans toutes les acceptions du terme!) de cet opus géant , réprésente à mes yeux la quintessence de la nature humaine , bivalve et Janus avec une double face inextricablement liée et diamétralement opposée, le Noir et le Blanc, le ying et le yang !! New York , où la "Big Apple" n'est pas, et c'est un euphèmisme, représentée sous son meilleur jour , Denny Malone y règne en maître , respecté et surtout craint avec ses inséparables coéquipiers Russo et Monty désormais accompagnés du jeune Levin, à coup de trafics, de corruptions, de débordements réguliers de la ligne blanche, et toute cette descente dans les abysses du "noir" s'est réalisée peu à peu, au fil des ans, pour obtenir un semblant de "Pax Americana" entre les gangs et que l'ordre public soit davantage qu'une coquille vide! Tout le monde est complice peu ou prou, y compris et surtout sa propre hiérarchie, la justice qui fonctionne à coup de backschichs et d'arrangements troubles, les chefs de bandes accrochés à leurs territoires, mais cet équilibre très fragile est soudainement rompu par Malone lui-même qui abat froidement un trafiquant notoire aux méthodes infectes! Pourquoi? Le lecteur le comprendra vers la fin du livre, donc je n'en dirai pas davantage! Certains passages sont absolument époustouflants, on est sur le terrain avec les acteurs ( et croyez moi, ça n'a rien de "romantique"!), c'est âpre, poisseux, désespéré , mais dans le même temps, c'est extraordinaire, addictif, impressionnant ! Et puis, Malone est capable aussi, dans cette noirceur extrême, de beaux sentiments ( Claudette et Sheila en sont les meilleurs exemples), il n'est pas raciste ( ce qui dans sa situation relève, convenons-en, de l'exploit!), il sauve d'une mort certaine l'un de ses indics, il est en fait tout en ambivalence, "Ecce Homo".  Extrait :" Je préfère mille fois un gangster honnête à ces enfoirés de Wall Street. Le public ne comprend pas ça. Les gens pensent que les mafieux sont des escrocs? Les ritals voudraient juste pouvoir voler comme le font les gestionnaires de fonds de pension, les politiciens, les juges, les avocats."  "La clé pour rester en vie dans une organisation mafieuse, c'est de faire gagner de l'argent aux gens. Tant qu'ils empochent du fric grâce à vous, vous n'avez rien à craindre. Mais si vous commencez à leur coûter du pognon, vous entrez dans la colonne "passif", et la pègre n'aime pas rester dans le rouge très longtemps".  Alors, voilà, c'est une merveille, ce n'est que mon avis, certes, et il reste à mon niveau , modeste, de "gros" lecteur mais précipitez-vous, c'est un sacré "MORCEAU" ! Et New-York, derrière sa vitrine de carte postale, en prend un sacré coup dans les roubignoles !  Un grand merci à Damien, vendeur à la librairie Cognet de Saint-Quentin !Couverture du livre : Corruption

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