"Par le vent pleuré" de Ron Rash

Fin des "sixties" au fin fond des Appalaches , deux frères adolescents sous la férule rigide de leur grand-père , vivent une existence terne et balisée, seulement éclairée par les séances hebdomadaires de pêche dont ils sont friands. Eugène, le cadet, aperçoit au bord de la rivière une jeune fille à la chevelure étincelante. Est-ce une apparition surnaturelle , une sirène? Non, c'est Ligéia , une adolescente libérée plongée dans les addictions de la drogue et de l'alcool mais dont les deux frères vont prendre conscience trop tard de son influence maléfique! Elle disparaît brutalement après un été torride et............réapparaît quarante-six ans plus tard sous la forme funeste d'ossements! Tout le roman , noir , repose sur le parcours , très divergent, de ces deux frères, aussi dissemblables que possible , mais hantés tous deux par ce fantôme prégnant de Ligéia! Qui est à l'origine da sa disparition, qui l'a tuée et pourquoi et la tutelle du grand-père, omniprésente, très pesante, n'aide pas à déchirer l'opacité de ce mystère. Superbement écrit, haletant , étouffant, cet ouvrage porte cette patte si particulière d'un Ron Rash qui maintient un excellent niveau de forme qui fait parfois penser à du Faulkner, voire dans cet opus précis à du Dostoievski quant à la thématique. Inutile de préciser que j'ai beaucoup aimé et que même dans le noir, les personnages y restent attachants , y compris le cadet ivrogne au dernier degré , sauf peut-être le grand-père pour lequel je n'ai éprouvé aucune empathie, disons-le! Encore un grand merci à Marie-Claire Chalvet , du Seuil , pour sa bienveillance.  

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