Quelle magnifique surprise, d'une rare et belle humanité , que cet opus ! Le thème , d'une actualité brûlante et absolument poignant, est celui des migrations de populations en proie aux guerres civiles, aux dictatures, à la famine, aux massacres, contraintes de s'exiler dans les pires conditions, pieds et poings liés vis-à-vis de passeurs sans foi ni loi qui ne connaissent que le culte de l'argent facile et de la violence gratuite! Ostiolum, île imaginaire ( mais qui ressemble furieusement à Lampedusa!) au large de l'Occident tant désiré et fantasmé, est la première terre accessible à ces immigrants, là où réside Louka, journaliste localier connu comme le loup blanc dans ce petit monde isolé! Brusquement , une alerte est donnée, un nouveau bâteau est signalé en perdition à quelques kilomètres des côtes et qu'il va découvrir avec quelques amis sauveteurs est un nouveau drame, un nième naufrage, à l'exception de quelques miraculé(e)s dont Fatou et Mouna, une extraordinaire petite chatte! Mais un douloureux mystère va de plus se greffer sur cette nouvelle catastrophe humanitaire: en plongeant à la recherche d'improbables survivants, Louka et un ami vont découvrir le meurtre d'un "couple" égorgé et enchaîné à l'épave du chalutier. Et l'intrigue débute, remplie de chausse-trappes, avec une construction de l'auteur hyper/brillante, constituée d'incessants allers-retours entre la traversée chaotique du bâteau et ses méfaits, et le retour au présent et ses interrogations! Extrait :" On ne peut pas se revendiquer des droits de l'homme tout en fermant nos portes à ceux qui fuient l'enfer."   Et ce style :" Des cris de colère et de haine fusent de toutes parts dans la cour du centre d'hébergement. Les mots giclents des bouches tordues, roulent sur les corps agités, gonflents en s'élevant. Certains rebondissent sur la façade et retombent en rafales, d'autres s'engouffrent, prisonniers, entre les murs du préau avant de revenir en houle, plus furieux encore."  Une sacrée réussite que cet ouvrage, d'une rare humanité, où l'amour le plus pur cotoie la haine la plus folle, où la tolérance la plus improbable jouxte la bêtise la plus crasse!! Merci, Philippe Georget, d'être ce que vous êtes, ne changez rien!

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