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Extraits:" Les cours, si animées, n'étaient plus que dépotoirs immondes où les déchets se mêlaient aux pavés branlants. Les travailleuses et les mères de famille respectables me dégoûtaient; elles se baladaient sans corset, dépoitraillées sous un châle à l'odeur de sueur âcre, les chausses crottées, et les jupes rapiécées. Elles s'étaient muées en de vulgaires paiennes, sans avenir, résignées à leur médiocrité. Elles se montraient effrontées, en haillons aux couleurs criardes, oiseaux maudits aux roucoulements encanaillés. Elles s'apostrophaient et juraient comme des matelots de retour des Indes." Voilà le tableau que dresse l'auteur, dans une langue resplendissante, de l'Angleterre victorienne au XIXème siècle! Et le reste de l'opus est à l'avenant. Quelle découverte ce fut. Inopinément, Jacques, le cantonier du village de Houtkerque dans les Flandres, va faire une grande découverte dans le cimetière villageois, des mémoires en anglais d'un certain Wallace, heureusement sa fille maîtrise la chose. Et ça va être une véritable révélation cent cinquante ans après, celui d'une enquête risquant de mettre en cause des membres de la haute aristocratie britannique pour de graves délits de détournements de mineures et d'homosexualité notoire, ce qui à cette époque au Royaume Uni étaient gravissimes! Mais Wallace va être constamment entravé dans ses recherches, y compris par les menaces! Le lecteur,estomaqué, va lire le récit de ces trafics de petites filles vierges pour le plus grand plaisir de cette gentry dépravée! Extrait :" Naître pauvre, suer sang et eau pour un modeste bout de pain, vendre la chair de sa chair pour ne pas mourir, sa vertu et ses charmes afin de sortir la tête de l'eau, là se trouvait l'avenir de milliers de jeunes filles issues des bas-fonds. On criait haut et fort qu'elles étaient l'engeance du diable, la cause de tous les malheurs, la raison des épidémies, le terreau du vice.........tout cela pour mieux cacher la réalité." Un superbe roman noir historique qui ne peut pas vous laisser indemne.  Allez, un dernier pour la route. "J'évoluais dans un monde où la justice ne se montrait sévère qu'envers les pauvres, les misérables, les petits. Son glaive se soulevait, s'abattait telle la foudre qu'and l'indigent avait volé, mais il tremblait lorsque l'aristocrate avait violé, abusé, exploité. Et quand ne vacillait pas, une main habile détournait sa course, ou écartait le coupable du tranchant de la lame." Mais cent cinquante ans plus tard, est-ce que ça a véritablement changé?????????  Un très grand merci aux éditions Slatkine.  

Commentaires (1)

wendall Utroi
  • 1. wendall Utroi (site web) | 10/11/2020
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai découvert votre retour. Je suis très heureux qu'il vous ait plu, mille mercis ♥

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