L'un des grands plaisirs livresques susceptibles d'être éprouvés par le lecteur est la découverte d'une nouvelle plume , brillante, alerte! Et tel est le cas de cet opus à la fois très original dans sa thématique et très noir dans son message! Léa , une femme apparemment terne, fade, sans aspérité , est en réalité une redoutable prédatrice et une serial killeuse non seulement impitoyable mais aussi insoupçonnable, bien que paradoxalement , tout l'accuse et ça, le capitaine Revel ne le supporte pas , d'autant moins quand il se retrouve face une tuerie de masse où il reconnaît la patte indéniable de son ennemie insaisissable , la "sniper au 22" , mais toujours pas de preuve irréfutable, qu'un faisceau de présomptions! Alors quand Léa , libraire morne et sans âme, à la personnalité double et trouble, en vient à s'enticher d'un improbable vagabond à la stature d'athlète, Nicolai , ex/légionnaire dévoyé, Revel, qui ne peut maîtriser au tréfonds de lui-même , une envie pernicieuse de cette femme vénéneuse, tente de mettre fin à ses horribles exactions mais que faire quand "La Bête", en dépit de tout, protége "La Belle", y compris au détriment de toute évidence? Une très jolie plume , sèche , rapide , claire , une intrigue pour le moins étonnante et sortant des sentiers battus, des personnages particulièrement bien saisis, rendus, une atmosphère tendue, à la fois angoissante mais aussi étrangement sensuelle, "toxique" ( Léa est très anxiogène!) , l'ensemble concourt à faire de ce polar une vraie réussite, bien que les feux de la rampe ne l'aient pas atteint, dommage et mystères d'un marketing terriblement tendancieux ! Extrait :" Les hommes se repaissent des drames qui ne les touchent pas directement, les prolongent ,les décortiquent, les accentuent. Parce que l'horreur de la vie des autres masque la fadeur de leur propre existence. Le temps d'un flash, les journalistes se croient les porte-parole héroiques du malheur, alors qu'ils ne sont que des vautours fouillant dans les entrailles de carcasses encore chaudes; aucun n'a le courage d'agir, ni de risquer sa liberté pour secouer son quotidien de soumis. Témoins, flics, spécialistes du crime, auditeurs et spectateurs se shootent à l'adrénaline par procuration. La peine, les pleurs, les gémissements des autres leur donnent, par contraste, le sentiment d'être heureux. Mais ce sont eux les assassins! "  Pas mal, non, et est-on si loin de la société du spectable? Un grand merci aux éditions Plon et à Valérie Guiter, attachée de presse !  

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